Rafik Khalifa : ''le président Bouteflika veut ma peau''

Rafik Khalifa : ''le président Bouteflika veut ma peau''
Réfugié à Londres, l'ancien patron du groupe Khalifa s'explique en exclusivité sur LE FIGARO au sujet de ses relations avec Alger et dénonce le procès de ses anciennes sociétés qui se tient à Blida.

LE FIGARO – L'empire que vous avez créé en quelques mois en 1997 s'est effondré comme un château de cartes en quelques jours en 2003. Pourquoi cette chute?

Rafic KHALIFA – À la sortie de l'insurrection islamiste, l'Algérie était prête pour la conquête de l'Ouest. Il n'y avait rien, tout était à faire. L'empire est né avec un investissement initial de 10 millions d'euros. Il s'est écroulé à la suite d'un complot politique orchestré par le président Bouteflika. Nos relations n'étaient pas bonnes lorsqu'il est arrivé au pouvoir en 1999, mais elles se sont arrangées. On est devenus amis par la force des choses pour le bien de l'Algérie.
Des personnalités sont intervenues pour sceller la paix. La difficulté est venue de l'impossibilité de travailler avec lui, car il change d'avis en permanence. Tous ses premiers ministres le savent. Chirac aussi a pu s'en rendre compte avec son projet de traité d'amitié qui lui a valu en fin de compte des insultes du président algérien.

LE FIGARO –Vous avez travaillé pour la présidence?

Rafic KHALIFA –Les carences de l'Algérie étaient telles que le groupe devait se substituer à l'État. Nous étions obligés d'assumer des responsabilités qui en principe ne nous concernaient pas. On subventionnait un nombre invraisemblable d'institutions. On a même financé le ministère des Finances. Les demandes affluaient de partout. Abdelaziz Bouteflika m'a demandé de l'aide à propos de plusieurs dossiers, comme des contrats d'achat d'armes à l'étranger, d'achat de voitures blindées sur recommandation en Israël ou des questions d'image et de communication aux États-Unis. Le problème est qu'il ne tient pas sa parole. Il peut dire une chose et son contraire, au risque de se griller dans le monde des affaires, en particulier chez les Anglo-Saxons.

LE FIGARO –La chute de Khalifa serait le simple résultat d'une incompatibilité d'humeur?

Rafic KHALIFA –Un conflit de personnes peut déboucher sur une guerre. Bouteflika voulait ma peau et a demandé à Chirac de l'aider. J'ai compris en septembre 2002 que le vent avait tourné avec la distribution à la presse française d'un rapport de la DGSE consacré à mon groupe. La divulgation délibérée de ce «document» a semé le trouble parmi mes partenaires commerciaux. Dans le même temps, mes difficultés ont commencé en Algérie. Ils essayaient de bloquer le groupe avec des méthodes mafieuses et barbouzardes. Puis, j'ai été «flingué» officiellement le 3 mars 2003, le jour de l'arrivée triomphale de Chirac en Algérie.

LE FIGARO –L'affaire a-t-elle une dimension politique?

Rafic KHALIFA –Certainement. J'étais en désaccord avec Bouteflika sur le fonctionnement du pays. Et lui ne supportait pas ma puissance économique. Il pense que l'Algérie lui appartient. L'Algérie n'appartient à personne, mais personne n'a le courage de lui dire. C'est trop dangereux. Bouteflika était convaincu que je voulais sa place. Il s'était mis dans la tête que l'armée me présentait comme un recours et un gage de stabilité... Il reste que la justice algérienne vous juge pour escroquerie.
Ce procès est une production hollywoodienne avec Bouteflika dans le rôle du producteur et du réalisateur. Il signe même les cascades. On parle de faillite alors qu'il n'y a pas eu de faillite; on explique que j'ai monté une banque avec une hypothèque truquée de maison familiale; on affirme que la banque prenait les intérêts des boîtes publiques pour les virer sur les comptes des PDG. La banque avait 7.000 employés. Elle représentait American Express, MasterCard, Western Union, et du jour au lendemain on affirme que tout était bidon. C'est une mascarade. Demain, ils vont m'accuser d'avoir volé la Joconde. Le procès n'a d'autre but que de marteler que je suis le plus grand escroc de la planète.

LE FIGARO –Pourquoi ne pas vous défendre en Algérie?

Rafic KHALIFA –Vous rigolez! Ce pays est une dictature, une république bananière où le président concentre les pouvoirs.

LE FIGARO –Le dossier jugé en Algérie a-t-il été nettoyé de noms «sensibles»?

Rafic KHALIFA –C'est une certitude. La chambre d'accusation a, par exemple, escamoté le dossier de l'agence de Koléa de ma banque pour une raison simple : l'actuel ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, y détenait un compte avec un crédit bancaire. Il a été effacé car cela aurait fait mauvais genre. Je pense que le ministre de la justice a eu peur que son nom apparaisse.

LE FIGARO –Des listes de personnalités impliquées dans le scandale circulent. En les protégeant par votre silence, ne participez-vous pas à ce que vous appelez une «mascarade»?

Rafic KHALIFA –Je n'ai pas de liste mais je connais les noms de quelques-uns de mes clients. Je n'ai aucun deal avec le pouvoir. Les autorités ne ménagent pas leurs efforts pour m'avoir: ils ont proposé aux Britanniques des champs pétroliers en échange de mon extradition, mais ça ne marche pas, car les dossiers sont fabriqués.

LE FIGARO –Aviez-vous beaucoup d'amis dans les cercles influents d'Alger?

Rafic KHALIFA –Je connaissais tout le monde. J'ai connu le général Larbi Belkheir dans le cadre de mon travail. Il était le chef de cabinet du président. On parlait de l'Algérie et de la m... dans laquelle était l'Algérie.

# Posté le dimanche 08 avril 2007 07:23

Modifié le dimanche 08 avril 2007 17:15

Retrait d'agrément à AL RAYAN ALGERIAN BANK

Retrait d’agrément à AL RAYAN ALGERIAN BANK
En procédant dimanche 19 Mars 2006 au retrait de l'agrément à Al Rayan Algerian Bank, le Conseil de la monnaie et du crédit entend faire respecter la législation financière en vigueur, notamment le règlement relatif au capital minimum des banques et établissements financiers exerçant en Algérie.
Promulgué en 2004, ce texte réglementaire amendant celui de 1993, impose aux banques un capital minimum de 2,5 milliards DA, contre 500 millions DA pour les établissements financiers. Depuis la promulgation de ce règlement, plusieurs banques ont libéré les capitaux exigés par la législation et ce, après avoir formulé des demandes auprès du Conseil de la monnaie et du crédit (CMC) en vue d'obtenir l'autorisation d'augmentation de leur capital.
D'autres établissements bancaires n'ont pas pu se conformer à ces exigences financières et sont tombés sous le coup de la loi. Il est à rappeler que les banques et établissements financiers avaient jusqu'au mois de mars en cours pour augmenter leur capital et se conformer à la réglementation bancaire qui exige d'une banque qu'elle libère totalement son capital dès sa constitution.
Le paysage bancaire et financier algérien compte désormais 17 banques (dont 7 publiques) et 5 établissements financiers. Il s'agit des banques publiques BNA, CPA, BEA, BDL, BADR, CNEP et CNMA et de 10 banques privées : Citibank NA Algeria, BNP Paribas Al Djazaïr, Société Générale, Al Baraka Bank d'Algérie, ABC, Natexis Algeria, Gulf Bank Algeria, Trust Bank Algeria, Housing Bank for Trade and Finance Algeria et Arab Bank plc Algeria.
Quant aux établissements financiers, ils se composent actuellement de Finalep, SRH, Sofinance, Arab Leasing Corporation et Salem.

# Posté le samedi 07 avril 2007 16:07

Modifié le dimanche 08 avril 2007 17:15

Liquidation des banques privées : à qui la faute ? Complicité des uns & Responsabilité des autres

Liquidation des banques privées : à qui la faute ? Complicité des uns & Responsabilité des autres
Sous le sceau de l'anonymat, des cadres de la Banque d'Algérie affirment que Abdelmoumene Rafik Khalifa a obtenu l'agrément de sa banque en août 1998 sans libérer la totalité de son capital de 500 millions de dinars.
À cette entorse à la loi, plusieurs autres ont suivi, dont la non-publication de ses bilans annuels et du montant de ses nombreux transferts à l'étranger obtenus avec une déconcertante facilité via la Banque d'Algérie. On cite, à titre d'exemple, une unité de dessalement d'eau de mer gracieusement offerte par «Moumen» à l'Algérie. Elle est estimée à 5 millions de dollars alors que sa banque demandait un transfert de 50 millions de dollars. Une publicité tapageuse avait été faite sur des stations de dessalement offertes par le groupe pour un montant de 200 millions de dollars, mais ces unités n'ont jamais été installées.
Quelle est la part de responsabilité de la Banque d'Algérie, du Conseil de la monnaie et du crédit, du gouvernement et du chef de l'Etat dans ce gigantesque hold-up? Des doigts se pointent vers l'ancien gouverneur de la banque d'Algérie, Abdelwahab Keramane, reconduit en juillet 1998 pour un second mandat de six ans, mais démis par Abdelaziz Bouteflika pour des raisons inconnues et remplacé par Mohamed Laksaci en mai 2001. Les regards se tournent aussi vers deux anciens ministres des Finances - tous deux proches du général Larbi Belkheir - Mourad Medelci, et Mohamed Terbèche, qui ont pesé de leur poids sur le Conseil de la monnaie et du crédit depuis l'été 2000 lorsque cette autorité monétaire est passée sous la tutelle gouvernementale et de la présidence de la république. En définitive, qui va payer? C'est la question que se posent tous les Algériens.
Que peut-on penser de la commission bancaire qui vient d'achever son œuvre par la liquidation de la dernière banque privée algérienne, en l'occurrence la Banque générale méditerranéenne ?, A cet égard, s'agit-il réellement d'un mobile valable tel que celui avancé, à savoir que cette banque totalise trois bilans déficitaires, ce qui partout ailleurs est toléré pour un début, ou tout récemment la banque a capitaux mixte al Rayan Algerian Bank simplement pour non-respect aux dispositions légales relatives à la libération du capital souscrit alors que les actionnaires avaient l'intention, et se sont engager de le faire « voir la demande d'autorisation et le feu vert du CMC ».
Ainsi, il convient de mettre en évidence l'erreur commise par le Conseil de la monnaie et du crédit qui, en 1993, avait procédé à des changements de textes en vigueur de manière à ouvrir le champ de l'investissement à d'autres banques en le faisant bénéficier des nouvelles dispositions. Il s'agit du capital minimum déclaré, fixé à 500 millions de dinars avec 75% de souscrits obligatoirement et 25% à libérer au bout de deux ans. Cette modalité est passée après modification à 20% devant être souscrits et 80% à libérer au bout de 5 ans A ce stade, l'inconvénient, c'est que ce changement n'a fait que compliquer les choses par le fait que chaque banque créée a eu des difficultés pour l'achat de l'équipement des frais d'installation ou de personnel adéquat à mettre en place, A cela s'ajoute le fait que les correspondants étrangers des banques ne pouvaient confirmer de lettres de crédit pour des établissements financiers ne pouvant libérer leur capital qu'au bout de 5 ans ! Dans cette optique, on se demande quelles sont les réelles motivations des membres du Conseil de la monnaie et du crédit pour prendre des décisions d'aussi courte ?
Khalifa Bank n'est plus et les déposants craignent pour leurs deniers. Une société de garantie des dépôts bancaires (SGDB) a été créée pour les rembourser. De sources proches de la Banque d'Algérie, il est indiqué qu'avec un capital de plus de 220 millions de DA, cette société peut rembourser les 25 000 petits épargnants. Une procédure qui s'appelle, dans le jargon financier, " faire appel à la solidarité de la place ". En d'autres termes, ce sont toutes les banques agréées, publiques et privées, qui doivent mettre la main à la poche et venir à la rescousse des déposants. Pour le moment, seuls les établissements financiers étatiques, sur instruction de leur propriétaire, l'Etat, ont versé leurs quote-parts.

Faillite imprévue

A la question de savoir pourquoi la Banque d'Algérie n'a créé la SGDB qu'à la veille du retrait d'agrément à Khalifa Bank, alors que la loi sur la monnaie et crédit l'avait prévue depuis 1990, notre source explique que " les autorités n'avaient pas prévu cette faillite ". Pour les grands épargnants, on apprend qu'il subsiste encore des chances pour que les entreprises nationales publiques et privées et les organismes étatiques, telles que les caisses de sécurité sociale, puissent récupérer au moins une partie de leur argent.

Dans ce sens, l'on n'aura pas recours au Trésor public, ni à la solidarité de la place, mais plutôt aux produits de la faillite. En termes plus simples, le liquidateur de Khalifa Bank devra, dans un premier temps, faire l'inventaire des biens de cet établissement financier et établir l'état de ses créances, pour ensuite engager la vente des biens recensés et le recouvrement des créances. C'est cela qui constitue, en fait, le produit dit de la faillite. Une procédure, selon les spécialistes, qui peut durer des mois, voire deux à trois ans.

Minces espoirs

L'espoir des grands déposants repose, ainsi, sur les biens matériels et financiers dont peut disposer Khalifa Bank. Toutefois, il est évident que ce que risque de récolter le liquidateur pourrait être bien mince, pour la simple raison que la banque privée ne disposait pas d'importants biens. Pour le volet immobilier, par exemple, les locaux sont, pour la plupart, loués. Quant aux créances, nul n'ignore que Khalifa Bank les détenait globalement sur les propres filiales du groupe privé. Notamment, la compagnie aérienne. Et ces mêmes filiales sont aujourd'hui également en cessation d'activité, parce que la vache à lait qu'était la banque est en liquidation.

Reste juste à savoir si la loi permet la vente des deux hélicoptères et deux ATR, seuls biens qui restent de Khalifa Airways, pour que le produit de la vente soit utilisé au remboursement des grands déposants. Sera-t-il suffisant ? Peu probable. Néanmoins, il reste cet espoir... que des rentrées d'argent proviendront du rachat par la banque française Société Générale des 29% d'actions que détenait Khalifa Abdelmoumène dans Société Générale Algérie (SGA), en faisant valoir son droit de préemption.

Une question d'image

A la question de savoir pourquoi l'Etat a pris l'engagement de mettre fin au retard de paiement dans les opérations du commerce extérieur de Khalifa Bank, alors qu'il ne prévoit pas de dédommager les entreprises nationales, notre source a indiqué que le traitement de ce dossier s'est fait dans " un cadre technique mais aussi politique ". " A travers cette action, le politique avait le souci de préserver l'image de l'Algérie vis-à-vis de ses partenaires étrangers ", indique-t-on. Des propos qui rappellent ceux du ministre des Finances. Abdelatif Benachenhou avait, en effet, déclaré en début de semaine, lors de sa conférence donnée à l'occasion de la 36ème Foire Internationale d'Alger, que l'opération de liquidation se fait en assistance avec un auditeur international, " pour que les Etats amis de l'Algérie sachent que nous sommes un pays sérieux ".

Outre ces données, l'on apprend auprès de nos sources, à la Banque d'Algérie, que les banques privées pourraient être amenées à doubler, au minimum, leur capital. Pour le moment, la décision finale est du ressort du Conseil de la monnaie et du crédit, qui devra délibérer dans quelques jours. Signalons que le ministre des Finances avait déjà annoncé cette nouvelle décision prise par les autorités financières. Une manière d'éviter que le scénario de Khalifa ne se répète afin d'instaurer un secteur bancaire privé fiable susceptible d'accompagner les investisseurs nationaux et étrangers. A ce propos, Benachenhou avait lancé un appel " solennel aux banques privées pour cesser de financer uniquement les opérations de commerce et s'impliquer d'avantage dans l'investissement ".

Khalifa Bank ferme ses portes. La désignation d'un administrateur provisoire n'aura duré que quelques mois, cette phase d'observation qui devait constituer aussi une tentative de redressement aura sans doute été brève. La mise en liquidation a été précipitée. La commission bancaire, omnipotente en la matière, a décidé de réduire en deçà de la portion congrue, la période d'observation et de redressement qu'autorise la loi.

Les irrégularités et les obscurités juridiques qui jalonnent ce feuilleton permettent d'affirmer que les objectifs de ce processus sont loin d'être, comme on l'affirme, le respect du droit et de la légalité et que ce qui est déterminant en dernier ressort dans cette affaire n'est, ni le respect du droit et de la légalité, ni le souci économique.

Qui a tué la Khalifa Bank ?

Cette décision qui a été entourée de la plus grande opacité est le premier acte du processus qui entame le déclin de l'empire. La première interrogation que suscite cette décision, consiste à savoir qui en est l'auteur. Aucune information officielle n'est venue déterminer, ni l'auteur, ni les motifs d'une pareille décision qui équivaut à une mise à mort de ce conglomérat financier. La rumeur et une certaine presse dans un style peu professionnel ont attribué cette décision au président de la République. Position peu crédible et peu sérieuse. Un décret présidentiel suspendant les opérations d'une banque de et vers l'étranger n'est qu'un mauvais calembour.

La loi sur la monnaie et le crédit octroie cette prérogative à la commission bancaire en énumérant, dans la panoplie des sanctions qu'elle peut prendre, l'interdiction à la banque en faute, l'exercice de "certaines opérations". Une autre lecture de la même loi donne aussi cette attribution au Conseil de la monnaie et du crédit qui, en tant qu'autorité monétaire, édicte les règlements bancaires et veille à leurs exécutions. Il semble qu'aucune des deux structures sus-citées n'ait décidé de cette mesure.

L'ancien gouverneur de la Banque d'Algérie ?

Il est fort probable -et nous sommes aux supputations- qu'elle ait été l'oeuvre du gouverneur de la Banque d'Algérie qui n'en est pas à son premier dépassement. On se rappelle qu'il avait décidé, unilatéralement, du retrait d'agrément à Union Bank. Le Conseil d'Etat avait annulé ce retrait parce que pareille décision était du ressort exclusif du Conseil de la monnaie et du crédit.

La prohibition des opérations sur devises de Khalifa Bank date de novembre 2002 et n'a pas eu la médiatisation qui a entouré la mise sous administration provisoire et ce n'est que le mercredi 02/04/2003, que l'ordonnance sur la réglementation des changes et des mouvements des capitaux a été adoptée à l'APN. En se référant aux délais logistiques habituels d'acheminement des textes juridiques entre les services ministériels, gouvernementaux et leur arrivée aux assemblées parlementaires, il est possible de soutenir que ce texte a été initié suite à l'affaire Khalifa.

Régularisation rétroactive

Cette nouvelle ordonnance est venue attribuer au gouverneur de la Banque d'Algérie, la prérogative de prendre des mesures conservatoires à l'encontre des contrevenants aux textes relatifs aux changes. Nous ne savons pas qui a pris la décision première et fatale de suspendre les opérations sur devises de Khalifa Bank mais si nos suppositions sont exactes et s'il s'avère qu'elle est l'oeuvre du gouverneur de la Banque d'Algérie, ce texte est une sorte de régularisation rétroactive de la mesure.

La gravité de cette décision s'explique par le fait que les opérations sur devises constituent la majeure partie des activités de cette banque, comme celle de toutes les autres banques d'ailleurs. En outre, c'est suite à cette mesure que Khalifa Airways fut dans l'impossibilité d'honorer les engagements du leasing de ses avions. Cette défaillance a engendré une perte sèche de la quasi-totalité d'une flotte qu'elle a payée en partie. Il faut savoir que le leasing est une location-vente des appareils et que si l'acquéreur ne s'acquitte pas de la totalité du prix d'achat au terme convenu, les sommes qu'il a déjà payées sont inscrites au chapitre des loyers et le bien vendu est restitué au propriétaire (...)

# Posté le samedi 07 avril 2007 14:25

Modifié le dimanche 08 avril 2007 17:16

Sale temps pour les banques

Sale temps pour les banques
Au moment où la commission bancaire accomplissait cette besogne, aucun débat n'a été soulevé.
Mauvais augure pour la réforme bancaire nationale. La liquidation, l'une après l'autre, des banques privées algériennes donne un avant-goût d'un échec pour les choix futurs du secteur, notamment le processus de privatisation dont celle du CPA qui doit intervenir en 2007, et par la suite la BDL & la BNA.
Elle incite à des réquisitoires contre des gestionnaires de la politique monétaire nationale. Les observateurs des systèmes financiers restent perplexes devant «un nombre aussi élevé d'échecs et d'imperfections, en un temps aussi réduit». Entre la création des banques privées en 2001 et la disparition de ces institutions, il s'est passé en effet très peu de temps d'un côté, et de l'autre, les observateurs estiment que «la mise en faillite de la première banque privée Khalifa Bank n'a pas été appréhendée à sa juste mesure aux plans politique, économique, financier et social». Si ces retraits d'agrément et ces scandales peuvent être estimés au plan financier, l'impact sur le simple épargnant et les investisseurs demeure insondable. C'est la crédibilité des institutions financières algériennes qui prend un sérieux coup.
Il sera très difficile en effet, de regagner la confiance des petits déposants. Selon des experts de la finance, le taux de bancarité a dramatiquement chuté durant l'année 2005 qui a été incontestablement la plus «fertile» en scandales et retraits d'agrément. Il est clair aussi que l'image du système financier algérien ne sera pas reluisante chez les investisseurs étrangers auxquels il a été reproché un manque d'engouement pour le marché algérien, malgré toutes les facilités qui leur sont accordées.
Les représentants de la commission bancaire qui se charge de ces liquidations, prétendent agir en conformité avec les dispositions de la loi relative à la monnaie et au crédit. Ces mêmes représentants affirmaient, il y a quelques années, que la création des banques privées et l'accroissement de leurs activités ont permis le développement d'une concurrence saine entre les banques.
Curieusement, au moment où se déroulait cette besogne, aucun débat n'a été soulevé : la commission bancaire nationale n'a-t-elle pas agi dans la précipitation? A-t-elle respecté les dispositions prévues par la loi sur la monnaie et le crédit? A-t-elle respecté les mécanismes de recours, notamment en matière de mécanismes de régulation. Existe-t-il en Algérie, des mécanismes qui prévoient l'assurance interbancaire? Existe-t-il une société de garantie des dépôts bancaires pour la sauvegarde des banques privées en difficulté? Autant de questions soulevées par les spécialistes mais restées sans écho.
Alors que la descente aux enfers des banques privées se poursuit, le système bancaire national se donne en spectacle sur les places financières internationales. Ces nombreuses imperfections sont en partie à l'origine de la faillite. Vu ce type de gestion, personne ne peut prévoir le devenir du paysage bancaire algérien.
Sera-t-il entièrement public, entièrement privé ou l'Etat gardera-t-il un groupe bancaire public puissant? Depuis 2003, sept banques agréées - Khalifa Bank, la Banque commerciale et industrielle algérienne (Bcia), la Compagnie algérienne de banque (CA Bank), Mouna Bank, Banque Générale Méditéranéenne (BGM), Arco Bank et tout dernièrement EL RAYAN ALGERIAN BANK ont été dissoutes au même titre que deux établissements financiers (Union Bank et Algerian International Bank). Le paysage bancaire algérien ne compte plus désormais que 18 banques (dont les six grandes banques publiques) et cinq établissements financiers. Le secteur financier ne s'est pas contenté de ces défaillances en cascade. Il a révélé ses secrets par des scandales financiers liés à des détournements et à des malversations.
Le plus grand scandale a été celui de la Banque nationale d'Algérie (Bna) où plus de six hauts cadres ont été inculpés. Un autre scandale éclate à la Banque algérienne de développement rural (Badr) où 12 milliards de dinars se sont volatilisés. La Banque extérieure d'Algérie a été, elle aussi, éclaboussé par une autre affaire relative à une opération de financement d'importation d'un montant de 12.000 milliards de centimes............et la liste et longue.
Et rien n'indique que la série noire est terminée.

# Posté le samedi 07 avril 2007 14:24

Modifié le mardi 10 avril 2007 14:39

Extinction des banques privées algériennes l'une après l'autre............A qui le tour......?

Extinction des banques privées algériennes l’une après l’autre…………A qui le tour......?
« Les banques privées sont liquidées l'une après l'autre par le Conseil de la monnaie & du crédit et par la commission bancaire dont les représentants prétendent agir en conformité avec les dispositions de la loi relative à la monnaie et au crédit. Les auteurs ce sont ceux-là même qui affirmaient que la création des banques privées et l'accroissement de leurs activités ont permis le développement d'une concurrence saine entre les banques tant au niveau du marché des ressources, des crédits que de celui des services bancaires. En fait, il s'agissait de la poudre aux yeux pour leurrer l'opinion publique nationale et internationale »
Tous Les experts du secteur des finances que ce soit : « comptables, cadres de banque, d'entreprises publique et privée, des services des impôts ainsi que des universitaires ou chercheurs...ect » ne font pas dans le détail pour affirmer que le tableau du secteur des banques et de la finance est bien sombre dans notre pays le dossier d'El Khalifa Bank a été à chaque fois avancé comme argument pour développer des thèmes portant sur l'échec de la politique monétaire en Algérie. Comme ont été avancés ceux inhérents à la nécessité d'une refonte globale de cette politique.
Neuf banques & établissement financier ont succéder a la liquidation depuis 2003, il s'agit de:

1- El Khalifa Bank,
2- Union Bank,
3- Algerian International Bank,
4- Banque commerciale et industriel D'Algérie,
5- Arco Bank,
6- Banque Générale Méditerranée,
7- Compagnie Algérienne de Banque,
8- Mouna Bank,
9- Al Rayan Algerian Bank

Ces scandales successifs feront de l'Algérie la risée des places fortes financières et bancaires à travers le monde. Telle est globalement l'impression exprimée par l'ensemble des professionnels du secteur. Plusieurs estiment que le système bancaire algérien ne pourra jamais évoluer tant que les autorités monétaires resteront aux ordres du pouvoir politique. « Cette soumission au politique a eu pour résultat d'entraîner le système bancaire de notre pays vers le désastre.

Cette situation aura pour effet de déclencher de nombreux réquisitoires à l'encontre des gestionnaires actuels de la politique monétaire en Algérie. « Au train où va le système bancaire dans notre pays, la situation ne fera qu'empirer. C'est le règne de la mafia politico-financière et les centres d'intérêt sont extrêmement puissants. » La quasi totalité des professionnels du métier sont unanime, ils mettent en accusation la commission bancaire nationale et le conseil de la monnaie et du crédit. Selon eux, la mise en faillite de plusieurs banques privées n'a pas été appréhendée à sa juste mesure aux plans politique, économique, financier et social. Selon eux, le conseil de la monnaie et du crédit a agi hâtivement et n'a pas respecté les dispositions prévues par la loi sur la monnaie et le crédit, notamment en matière de mécanismes de secours. Ces derniers prévoient l'assurance interbancaire (primes d'assurance qui doivent être payées par les banques dès leur installation). La solidarité interbancaire (art. 161 de la LMC). La société de garantie des dépôts bancaires pour la sauvegarde des banques privées en difficulté. Or, il s'est avéré au lendemain de l'éclatement du scandale Khalifa que ces mécanismes n'ont pas été actionnés par la commission bancaire. Celle-ci aurait occulté toutes ces mesures de protection institutionnelles. Le même scandale a permis de découvrir que la société des garanties bancaires n'a jamais été mise en place.

# Posté le samedi 07 avril 2007 14:22

Modifié le mardi 10 avril 2007 13:54